Les grands froids de l’hiver en ce début d’année ont conduit notre Président le Dr. Xavier Emmanuelli à lancer un appel aux Transmetteurs pour se joindre aux équipes du samusocial de Paris dès le 2 janvier. Ainsi, 18 transmetteurs ont participé aux maraudes de nuit organisées dans les arrondissements de Paris pour aller à la rencontre des gens de la rue. Cette première expérience est relatée dans le document ci-après.
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Les épisodes de grand froid de janvier ont amenés Xavier Emmanuelli à lancer un appel le 2 janvier auprès des Transmetteurs.
Dès 14 heures le système d’appel informatisé a touché tous les transmetteurs inscrits pour les inviter à se mettre en contact avec Françoise Courtois, dont la disponibilité l’a désignée comme coordinatrice pour rassembler les transmetteurs disponibles pour une réunion le jour même à 17 heures au SAMU Necker. Notre président XE et le Dr Suzanne Tartière ont laissé au Dr Etienne Grosdidier du samusocial de Paris le soin de faire un rapide exposé sur les pathologies liées au froid et de compléter la présentation de l’organisation du samusocial de Paris faite par son président (qui est également le nôtre !).
Dix-huit Transmetteurs ont répondu présents à cet appel d’urgence qui figurait également sur le site internet.
Dès 20 heures, les 6 premiers volontaires assistaient au briefing pré-maraude se tenant sur le site opérationnel d’Ivry d’où partent les « Camions du 115 », comme on les appelle ! Pour cette première intégration aux maraudes, l’impressionnant et performant système informatique du 115 nous a été présenté. Ce système permet de suivre l’historique des appels des personnes à la rue, leur demande d’hébergement et leurs démarches et aussi de répertorier les signalements des particuliers ou des professionnels. A 21 heures, les Transmetteurs ont embarqué avec les équipes constituées d’une infirmière (IDE), d’un travailleur social et d’un chauffeur dans 6 camions parmi les 26 camions en service ce soir là, répartis dans des secteurs parisiens différents, à la rencontre des personnes signalées. Dès le départ, l’IDE « chef de bord » consulte sa feuille de route qui est en permanence modifiée par le Central 115 et organise sa tournée qui se terminera vers 5 heures du matin, après en avoir fait le compte-rendu. Commençant par les premières personnes signalées, parfois parties ailleurs à l’arrivée du camion, utilisant leur expérience du contact (présentation, dialogue, savoir-faire et coup d’œil diagnostic), une décision est prise par l ‘équipe de proposer la solution la plus adaptée à l’état et au souhait de chaque personne. Au cas où il n’y pas de nécessité impérieuse de mise à l’abri, un lien est maintenu au travers d’un échange de paroles, d’un bol de soupe, d‘un duvet. Parfois, la personne en difficulté est conduite dans un des centres d’hébergement d’urgence ouverts à Paris. Lorsque l’état clinique apprécié par l’infirmière nécessite plus et, après en avoir discuté avec le médecin transmetteur présent ce jour-là, une solution médicale est trouvée après accord du médecin d’astreinte du samusocial de Paris : hospitalisation dans un service d’urgences, mise en lit « infirmier » (LHSS : Lit Halte Soins Santé) dans les centres du SAMU Social. Au cours de la deuxième partie de la nuit, après 2 heures du matin, à laquelle les Transmetteurs n’ont pas participé, les équipes se sont davantage consacrées aux personnes suivies par les équipes des maraudes de jour.
Au total, jusqu’à présent, ce sont 18 Transmetteurs qui ont été associés à des maraudes de nuit entre le 5 et le 31 janvier, chacun d’entre eux allant entre une et trois fois à la rencontre des gens de la rue.
A la lumière de cette expérience, il ressort que l’abord des « gens de la rue « en grande difficulté sociale demande un minimum de savoir faire et de savoir être pouvant être acquis cette fois ci, auprès des équipes sur le terrain. C’est pourquoi, il est apparu judicieux qu’une brève formation portant sur cet aspect relationnel et sur la finalité du Samu social ainsi que les pathologies propres à cette populations soit organisée pour les Transmetteurs souhaitant s’impliquer en renfort dans l’éventualité d’un nouvel appel en urgence. De même, il apparaît souhaitable que des Transmetteurs participent à des maraudes en dehors de cette période d’urgence afin d’acquérir une meilleure approche de cet aspect particulier de la médecine et c‘est ce que notre association et les responsables des maraudes au samusocial étudient en ce moment. En effet, ce n’est pas dans la rue, la nuit, que des diagnostics précis et élaborés seront établis, l’examen clinique étant quasi impossible, mais une présence médicale peut parfois rassurer peut-être autant l’intéressé en souffrance, que l’équipe envoyée vers lui, riche cependant de son savoir-faire et de la qualité de son relationnel.
Le Dr Patrick Vienot, Transmetteur, confie en résumé dans son e-mail :
- équipe impressionnante de professionnalisme et d’aménité face aux gens de la rue ….
logistique de très haut niveau,
peu ou pas de valeur ajoutée en présence d’une « autorité » médicale
expérience riche dont je suis reconnaissant à l’équipe qui m’a initié et à Xavier Emmanuelli .
Ces impressions confirment, s’il en était besoin, que la »valeur ajoutée » est comme toujours dans ce domaine des relations humaines, tenue et difficile à quantifier, ce qui justifie d’autant plus une formation et un entraînement aux maraudes pour ceux d’entre nous qui le désirent.
En somme, la maraude, ça ne s’improvise pas !
Dr Françoise Courtois et Dr Patrick Rondy (Transmetteurs)