La Souterraine avril 2008
A - Conditions matérielles : Groupe de 10 participants + 3 accompagnateurs, Xavier Emmanuelli, Suzanne Tartière, Gwenaëlle Emmanuelli. Trajet en train TER (2h33 à l’aller - 2h46 au retour) confortable. Logement dans 3 puis 2 hôtels, agréables. Repas copieux et bons. Travail dans un ancien couvent (3000 m2) donné par une congrégation religieuse à Xavier Emmanuelli qui en a fait un lieu de formation polyvalent, une maison familiale pour des exclus de la société (16 personnes actuellement) et organise un relais pour des pèlerins sur la route de St Jacques de Compostelle. Ambiance studieuse, amicale.
B - 1er soir ; repas de travail, présentation des uns et des autres. Xavier fait part de ses réflexions sur la place actuelle des médecins dans la société, de ce que celle-ci attend de la médecine, du découpage abusif ou excessif des différentes interventions médicales… Il souligne que les jeunes actuels arrivent avec des connaissances, des possibilités de documentation ; ils ne sont pas "naïfs". Dans l’exclusion, il y a différentes pertes : celles de la notion du temps, de la représentation du corps, de la notion d’espace, de la représentation de l’autre. Il évoque les notions de "cure" (soin) et de "care" (accompagnement) des anglo-saxons. L’accompagnement étant essentiel dans les affections chroniques et quand la limite de curabilité est franchie (période des soins palliatifs).
C - 2ème jour Réflexion collective sur la création d’un module de formation pour des jeunes à une activité sanitaire et sociale, qui pourrait être sanctionnée par le diplôme de pédagogie d’Auxiliaire Urbain Sanitaire et Social d’Intermédiation (AUSSI). En s’inspirant par exemple des modalités du Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Vie Social, que l’on consulte . La nécessité d’un entretien préalable semble impérative. Distinction entre le savoir-faire (gestes techniques de base par exemple) et le savoir-être (attitude, comportement, vocabulaire, gestuelle, distance, médiation..) Distinction entre le traditionnel (coutumier, figé, ritualisé, magique, superstitieux) et le moderne (évolutif, créateur, peu ritualisé, scientifique, légal…) La représentation des mondes n’est pas la même pour des générations différentes Distinction entre amour, compassion, sympathie, empathie, souci de l’autre Entre semblable et pareil Autour de chacun existe une bulle, espace de toucher, espace privé, espace social, espace public Avec les âgés, les exclus, le dialogue ne peut pas être logique Concepts et exemples de transfert (et de contre-transfert), fusion, interdépendance
Distinction entre éthique (si non respectée, risque de maltraitance), déontologie (charte qui régit le métier, évoluant selon les acquis sociétaux) et morale (non chrétienne, mais kantienne, laïque ; elle est de tous les temps, de tous les lieux). La gestuelle (mains, regards, traits du visage ..) doit être interprétée.
Public visé par les jeunes diplômés : personnes en difficultés physiques ou mentales (Alzheimer), jeunes gens en déséhérence sociale… Le suivi des interventions est indispensable ; nécessité d’un cahier de transmission.
Environnement culturel : les représentations symboliques.
L’entité de la personne : approches, rituels, l’apaisement.
La relation, les distances.
Ethique et morale.
Les 4 représentations :
Le corps : évolution des modes d’expression corporelle (tatouages, piercings..) Toute génération a besoin de se démarquer de la précédente. L’initiation manque actuellemnt.
Le temps, étiré pour les âgés - fournir des repères, ritualiser - savoir respecter le "secret".
L’espace se réduit à ce que l’on parcourt ; espace privé.
L’autre.
Ethique, on vient au nom d’une association et pas à titre individuel. Devant un exclu se rappeler qu’il n’est pas du même rang social, mais du même rang humain. La référence chrétienne n’existe plus, mais on restitue le statut de semblable. Etre courtois, donner des rituels. En cas d’agression, il s’agit d’un acte dirigé contre la société, les autres en général. Il faut apaiser par des mots, des stéréotypes. Reculer dans l’espace social. En cas de menaces, de coups, prévenir la police. La résilience, mot galvaudé, mais signification respectable. (déf : nombre caractérisant la résistance au choc d’un matériau)
Les expériences vécues ont force d’exemples. Selon Jung, archétypes, comportements instinctifs des animaux mais aussi des hommes. On est prisonnier des instincts et des archétypes. Valeurs des rituels de politesse (sonner à une porte, salutations..)
Il n’y a pas de psychisme bloqué ; les représentations du monde changent. L’homme est une machine qui reçoit et produit sens et amour. Connaissance du bien et du mal. Ne peut pas être abordée, savoir qu’il existe des pervers. L’être en diffficulté essaiera de vous instrumentaliser. Toujours penser à cette possibilité de manipulations. Interdire les embrassades, car il y aura des surenchêres. (histoire du taenia et de l’oeuf…)
Avec ce travail doit pouvoir être rédigé un module de 4 heures. Le 1er enseignement pourrait être fait par Xavier Emmanuelli et on pourrait y assister. Pour le 3ème jour, réfléchir à un régulateur médico-social (pas un secrétaire médical) qui serait utile dans une maison médicale, un service d’urgence, plus logisticien qu’autre chose.
Note sur Alzheimer : extension incroyable de cette appellation. A l’origine, histoire d’une ancienne actrice célèbre, épouse d’un personnage richissime et important, qui présentait une démence alcoolo-dépendante, baptisée par un clinicien habile du nom de cette affection peu connue à l’époque. Depuis, on confond toutes les étiologies : vasculaires, démences alcooliques, plaques séniles…
D - 3ème jour - Matinée de travail animée par Suzanne Tartière ; secrétariat par Gwenaëlle Emmanuelli.
Présentation de Sophie Jouy, titulaire d’une maîtrise de droit européen, qui mène en Creuse
des actions sociales envers les exclus en ville et en milieu rural
des actions de renforcement des compétences de professionnels
des actions envers des malades mentaux
Elle travaille en relation avec ATD Quart monde, vers les familles Elle travaille avec des associations de Haute Vienne et de Corrèze en faveur d’handicapés, de personnes en souffrance sociale, d’exclus de toutes origines (exemples des néo-ruraux, anglais, réunionnais, gens de Mayotte…plus ou moins rejetés par les services sociaux) Elle souligne qu’en Creuse il y a beaucoup de pauvres et de personnes âgées, mais peu de délinquance. Elle se sent isolée. un partenariat avec son association et "Les Transmetteurs’ serait envisageable.
Réflexions du groupe sur la création d’un auxiliaire médico-social. Fonctions à prévoir dans une maison médicale : accueil, gestion, petits gestes techniques, maintenance, relation avec les patients, éducation sanitaire, intermédiation dans les démarches sociales, accompagnemnts divers.. Dans un service d’urgence, logistique du matériel, aide à la recherche d’une place par exemple (mais il existe déjà les IAO, infirmières d’accueil et d’orientation…) ___________
Noms proposés en remplacement d’AUSSI (intermédiarité n’étant pas dans les dictionnaires consultés…mais reste compréhensible et rien n’empêche de créer un néologisme…)
Auxiliaire de santé publique ( ?) ASP (bof !… plutôt radiologique..)
Auxiliaire médical intermédiaire, AMI ( nom d’une ONG déjà existante mais pas d’une activité sociale ; permet tous les rappels…meilleur ami..l’ami qui vous veut du bien…
Auxiliaire logisticien médical, ALM (ce n’est pas un acronyme, mais ça décrit bien son champ d’action et c’est bref…Ma préférence).